Toile coréenne

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FFCP 2014 : troisième jour − 30 octobre

Intruders

Attention, coup de cœur ! Ce film qui sent bon le petit budget est excellent. Pour découvrir la critique fleuve, rendez-vous ICI.

Manshin: Ten Thousand Spirits

Manshin est un documentaire retraçant la vie de la prêtresse chamane Kim Geum-hwa, réalisé par Park Chan-kyong (frère de Park Chan-wook).

Manshin

Née dans les années 1930, Kim Geum-hwa a connu la misère durant sa jeunesse, sous l’occupation japonaise, et a échappé de peu au destin tourmenté des femmes de réconfort. Initiée aux rites chamaniques, elle deviendra une grande manshin (prêtresse). Durant la guerre de Corée et la décennie qui suit, elle est confrontée à de nombreuses persécutions à son encontre, tout ce qui touche au superstitieux (notamment les cérémonies chamaniques) étant interdit.

On découvre dans ce documentaire une partie de la vie de Kim Geum-hwa de façon très originale. En effet, Park Chan-kyong mélange images d’archives (notamment de cérémonies chamaniques) et scènes fictives tournées pour l’occasion. Ces scènes sont traitées avec onirisme, les esprits entourant la chamane y étant omniprésents. Le documentaire fait une part belle aux danses, aux scènes théâtrales et aux musiques constituant les cérémonies chamaniques et en cela, il est bien plus qu’un documentaire. L’absence de formalisme « documentariste », le refus de composer un long métrage froid et présentant uniquement des faits, permet de faire de Manshin: Ten Thousand Spirits une véritable ode au chamanisme.

The Chaser, masterclass Kim Yun-seok

Dans le cadre de la section Focus, qui tourne autour de l’acteur Kim Yun-seok, une partie de sa filmographie était proposée au festival (Haemoo, Hwayi, Running Turtle). Les fanatiques avaient également la possibilité de revoir The Chaser, premier long métrage de Na Hong-jin (The Murderer), qui a connu un succès d’estime chez nous lors de sa sortie en salle en 2009. S’il n’y avait qu’un thriller coréen à voir, ce serait sans doute celui-là. Beaucoup copié, rarement égalé, The Chaser est devenu un classique du cinéma. Sans m’attarder dessus, quelques mots toutefois pour ceux qui ne l’aurait pas vu.

The_Chaser

Joong-ho (Kim Yun-seok), ancien flic ripou reconverti dans le proxénétisme, voit en peu de temps deux de ses filles disparaître avec l’argent qu’il leur avait avancé. Un soir, leur dernier client avant leur disparition appelle pour prendre un nouveau rendez-vous coquin. Joong-ho force Mi-jin, qui souhaite arrêter ce sordide métier, à y aller en lui demandant de lui envoyer l’adresse une fois sur place, pensant à un coup de la mafia qui aurait revendu ses filles. Mais rien ne se passe comme prévu et Mi-jin ne donne plus signe de vie. Une course contre la montre s’engage alors pour mettre la main sur le kidnappeur et retrouver Mi-jin. Mais ce que Joong-ho n’a pas prévu, c’est que le kidnappeur est un serial killer extrêmement vicieux.

La force du récit (magnifiquement écrit) tient avant tout au duo entre Kim Yun-seok et Ha Jung-woo (le serial killer). L’enquête est magistralement menée et propose les courses poursuites à pied les plus réalistes qu’il m’ait été donné de voir (avec sueur et souffle coupé très rapidement, pas comme dans les blockbusters habituels où les personnages sprintent sans effort dans des scènes interminables), soutenues par une musique très percutante. La violence de certaines scènes remuera fortement le spectateur, qui s’attachera rapidement au personnage de Joong-ho.

Kim_Yun-seokAprès la projection, une masterclass très bien menée (et malheureusement trop courte) permettait de revenir sur la carrière de Kim Yun-seok, qui a connu tardivement le succès en tant qu’acteur de cinéma et vient du milieu du théâtre. Parmi les anecdotes que l’acteur a livré au public, retenons en deux. Kim Yeon-suk a connu Song Kang-ho (Memories of Murder, The Host, Thirst, Le Transperceneige) dans sa troupe de théâtre ; Kim Yun-seok a connu un passage à vide, démotivé qu’il était par la dimension vaine de la pièce de théâtre (une performance qui ne laisse pas de trace une fois terminée) et les faibles gains que lui rapportaient cette activité ; c’est Song Kang-ho qui l’a encouragé à ne pas abandonner le théâtre (et on ne peut que le remercier pour cela !). Autre anecdote, lors de ses débuts, dans des dramas pour la télévision, Kim Yun-seok a connu l’enfer ; détesté par le scénariste sur Love Me When You Can, qui aurait voulu un autre acteur pour le rôle qu’il occupait, il a dû supporter des remarques désobligeantes (notamment car il était débutant en tant qu’acteur et pourtant plus si jeune) ; mais il a persévéré (169 épisodes pour ce drama tout de même !), et au final, a réussi à s’attirer les faveurs du scénariste tout puissant. Détendu et drôle, Kim Yun-seok s’est prêté avec brio au jeu des questions réponses et a fait de cette masterclass un très grand moment du festival.

A Cappella

Cette année, la section portrait du FFCP était consacrée à Lee Su-jin, dont le premier long-métrage sort très prochainement en France. L’occasion pour moi, de vous parler en profondeur de ce film. Pour cela, il vous suffit de vous rendre ICI.

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2 commentaires sur “FFCP 2014 : troisième jour − 30 octobre

  1. Pingback: FFCP 2014 : quatrième jour − 31 octobre | Toile coréenne

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Cette entrée a été publiée le 3 novembre 2014 par dans Acteurs / actrices, Documentaire, Dossier, Films, Thriller, et est taguée .
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